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L’histoire · Du Moyen Âge à 1794

Le moulin du seigneur et le prix du pain

Pendant des siècles, moudre son blé n’est pas libre, et le prix du pain peut faire descendre la foule dans la rue.

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Le moulin gagne les grandes rivières

Le moulin à eau est connu depuis longtemps. Il se répand avant l’an mil, et son mécanisme ne change guère pendant des siècles, jusqu’au temps de Philippe IV de France1268, Fontainebleau – 1314, FontainebleauRoi de France de 1285 à 1314, et roi de Navarre de 1284 à 1305.Source : Wikidata et au-delà.

Ce qui change, ce sont les ouvrages. Au XIe siècle, des digues et des canaux captent des rivières de plus en plus grandes. Le moulin à vent apparaît au XIIe.

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Moudre au moulin du seigneur

Là où elle existe, la BanalitéSous l’Ancien Régime, là où elle existait, l’obligation pour les habitants d’un territoire de faire moudre leur blé au moulin du seigneur, ou de cuire au four du seigneur, sans pouvoir bâtir de moulin concurrent. L’Assemblée nationale l’abolit sans indemnité le 15 mars 1790, sauf quelques exceptions.Source : Persée · Lexique oblige les habitants à moudre leur blé au moulin du seigneur. Personne ne peut bâtir un moulin concurrent. En Bretagne, le Parlement de RennesCommune française (chef-lieu du département d'Ille-et-Vilaine et de la région Bretagne).Source : Wikidata · fond de carte : IGN ordonne quatre fois, de 1629 à 1751, de détruire les moulins à bras.

1790l’Assemblée nationale abolit les banalités de four et de moulin

Le 15 mars 1790, sans indemnité. Quelques-unes restent rachetables, celles nées d’un accord entre les habitants et un particulier.

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1775, la guerre des farines

Le 13 septembre 1774, Anne Robert Jacques Turgot1727, Paris – 1781, ParisHomme d'État, économiste et contrôleur général des finances français.Source : Wikidata rend libre le commerce des grains. En Picardie, après une mauvaise récolte, le grain devient cher.

Le 27 avril 1775, à Beaumont-sur-OiseCommune française du département du Val-d'Oise.Source : Wikidata · fond de carte : IGN, des foules arrêtent les bateaux de grains. Elles forcent marchands et fermiers à vendre au prix qu’elles fixent. Le mouvement gagne VersaillesVille et commune française (chef-lieu du département des Yvelines, en Île-de-France).Source : Wikidata · fond de carte : IGN le 2 mai, puis ParisCapitale et ville la plus peuplée de France.Source : Wikidata · fond de carte : IGN le 3.

À MontdidierCommune française du département de la Somme.Source : Wikidata · fond de carte : IGN, le maire doit taxer le blé à 18 livres le sac : il en valait 32 au marché d’avant. Une ordonnance du 3 mai punit de mort les attroupements. À Paris, deux ouvriers sont pendus pour l’exemple.

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La Révolution fixe le prix des grains

Le 4 mai 1793, la Convention fixe un prix maximum pour les grains, puis pour tous les produits de première nécessité. Il est supprimé le 24 décembre 1794.

Fin 1793, une enquête compte les moulins de France. Ils sont très inégaux : près de CarcassonneCommune française du département de l'Aude (chef-lieu).Source : Wikidata · fond de carte : IGN, celui de la ville moud 266 QuintalUne unité de masse de 100 kilos, celle des rendements agricoles : 70 quintaux par hectare, c’est 7 tonnes de grain par hectare. Avant le système métrique, le quintal valait 100 livres, et la livre changeait d’un lieu à l’autre.Source : Office québécois de la langue française, Persée · Lexique par jour, les plus petits 12. Dans le Midi, la sécheresse en arrête beaucoup presque tout l’été.

Les sources citées (7)
  1. Paul Benoit, « Au four et au moulin : innovation et conjoncture », dans L’innovation technique au Moyen Âge, actes du VIe congrès international d’archéologie médiévale, p. 293-301, Société d’archéologie médiévale, Persée, 1998.
  2. Jean-Marie Pesez, « Le Moyen Âge est-il un temps d’innovation technique ? », dans L’innovation technique au Moyen Âge, actes du VIe congrès international d’archéologie médiévale, p. 11-14, Société d’archéologie médiévale, Persée, 1998.
  3. Claude Gindin, « Les moulins de la République », Annales historiques de la Révolution française, n° 290, p. 589-595, Persée, 1992.
  4. Texte du décret général concernant les droits féodaux, séance de l’Assemblée nationale du 15 mars 1790, Archives parlementaires, tome 12, Persée, 15 mars 1790.
  5. Robert Darnton, « Le lieutenant de police J.-P. Lenoir, la guerre des farines et l’approvisionnement de Paris à la veille de la Révolution », Revue d’histoire moderne et contemporaine, vol. 16, n° 4, p. 611-624, Persée, 1969.
  6. George Rudé, « La taxation populaire de mai 1775 en Picardie, en Normandie et dans le Beauvaisis », Annales historiques de la Révolution française, n° 165, p. 305-326, Persée, 1961.
  7. G. Aubert, « Le problème des subsistances et le maximum à Douai (1792-1794) », Revue du Nord, n° 36, p. 233-254, Persée, 1923.

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